le moindre que l’on puisse dire, c’est que l’annonce a été une véritable surprise. Oubliez les Emiratis et les Américains, le Standard est en passe d’être vendu à une holding belge qui sera dirigée par le nouveau CEO du Standard, Giacomo Angelini.
L’actuel propriétaire du Standard, l’assureur A-CAP a conclu un accord pour vendre le club et ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire du club. Entre surprise, étonnement et flou, à l’image du communiqué publié par le Standard, tentons de clarifier l’annonce.
Quel montant ? Quel financement ?
Soyons logiques, A-CAP ne va pas donner le club. Il le vend et visiblement, Giacomo Angelini aurait trouvé les fonds pour séduire l’assureur américain. De quel montant parlons-nous ? D’où vient cet argent ? S’agit-il de fonds fournis par des investisseurs ? D’un prêt ? Si oui, de qui et à quel taux ? Rien n’a été communiqué. On se souvient cependant qu’A-CAP a proposé de prêter de l’argent aux candidats pour financer le rachat et atteindre la somme réclamée pour céder le club, soit plus de 50 millions d’euros. Peut-on envisager ce scénario ? C’est possible. En prêtant de l’argent, A-CAP s’assure une plus-value via les taux d’intérêt et dans le même temps, il se débarrasse du Standard.
Si le projet de Giacomo Angelini est choisi, c’est qu’il propose probablement plus que les deux candidats connus, soit plus de 30 millions d’euros, voire plus de 50 millions d’euros. Peut-être aussi que cette piste permet à A-CAP de travailler avec un contact de confiance, alors qu’un candidat externe allait venir retourner tous les placards du Standard pour éventuellement débusquer des cadavres. Vu la situation dans les autres sociétés d’A-CAP, c’était la crainte des deux candidats, ils s’attendaient à trouver des choses. Ici, le risque est réduit, même si Giacomo Angelini dit qu’il y aura bien cette phase d’analyse en profondeur et qu’elle devrait durer 5 à 6 semaines, le temps aussi de gérer la paperasse administrative et juridique.
Ajoutons tout de même qu’il est frappant de constater que jusqu’ici aucun des clubs de la galaxie 777/A-CAP n’a changé de main par une vente classique. Au Red Star, la vente a échoué et selon nos informations, c’est lié au prix exorbitant réclamé par A-CAP. Au Genoa, il y a eu une prise de pouvoir inattendue d’un Roumain. Le club brésilien de Vasco da Gama fait l’objet d’un litige et est en justice, alors que le club de Melbourne a été cédé gratuitement.
A-CAP nettoie les dettes, Angelini cherche des investisseurs
Une fois le Standard vendu, il faudra encore financer son fonctionnement. Giacomo Angelini va se tourner vers des investisseurs, si possible locaux. La recherche a-t-elle débuté ? Des candidats ont-ils déjà marqué leur intérêt ou conclu un accord ? Rien ne filtre. Le nom de Luciano d’Onofrio revient évidemment tout de suite, mais selon nos informations, l’homme n’a pas encore été contacté tant pour financer que pour participer à la gestion du club. Point positif pour le Standard, A-CAP promet d’injecter une dernière fois de l’argent pour nettoyer les dettes et offrir un avenir sain aux futurs responsables.
Le Standard va aussi devoir se reconstruire en interne. Il faudra trouver des profils pour gérer le club, à commencer par un nouveau directeur sportif. Il y a aussi un projet à définir. Dans un mail interne, le projet est présenté comme reposant sur 3 piliers essentiels :
– Une gestion saine, professionnelle et transparente du club
– Une politique sportive à long terme, privilégiant la stabilité et la croissance durable,
– Une identité forte et affirmée du Standard de Liège, visible à tous les niveaux du club
Dans le mail, il est indiqué que « cette vision s’inspire des fondements qui ont permis les succès passés du Standard et qui restent aujourd’hui la clé des performances des clubs belges les plus compétitifs. L’ambition est de renouer avec cette dynamique positive ». Le mail annonce aussi au personnel qu’une séance d’information sera bientôt organisée pour en savoir plus.
Beaucoup d’interrogations
Outre les questions liées au financement du rachat et à la gestion du club, d’autres interrogations subsistent. Que dira la commission des licences ? Peu avant l’annonce du projet choisi pour la revente, la commission a validé le dossier de Standard. Bonne nouvelle. Oui, mais voilà, qui dit nouvel actionnaire dit besoin de nouvelles garanties. Le nouveau propriétaire devra probablement rendre un dossier ou prouver qu’il a les fonds nécessaires pour assurer la viabilité du club pendant la saison à venir.
Autre élément à suivre attentivement, l’attitude de la justice et des régulateurs aux États-Unis. A-CAP fait l’objet de multiples poursuites, enquêtes et accusations. Nos sources américaines nous affirment que la justice US à son mot à dire sur la vente et suivent le dossier de près, tout comme Leadenhall, une société qui poursuit 777 Partners et A-CAP. Elle compte bien récupérer une partie de l’argent investi dans les deux groupes via la vente des sociétés, dont les clubs de football.
Enfin, dernier point soulevé par nos confrères de Josimar, A-CAP a-t-il réellement le droit de vendre le Standard ? La transition entre 777 Partners et A-CAP n’est pas totalement claire et le doute subsiste sur l’identité du véritable propriétaire de Nutmeg, la holding qui possède 777 SDL, société belge qui elle-même possède le Standard.
Les prochaines semaines s’annoncent animées, tant en coulisses que sur la pelouse. La vente n’est pas encore actée, les interrogations sont nombreuses, alors que le club vise une qualification européenne. Bref, le Standard avance, mais il n’est pas encore sauvé.
L’avenir reste incertain…….les ricains sont capable de tout. Les flux d’argent, ils connaissent…..
Exact ardéchois, les ricains connaissent. Et c’est bien pour ça que cette annonce a tout de même du bon, me semble t’il. Certes, A-Cap ne l’a pas perdu, le cap, et ont décidé de vendre différemment au vu des offres qu’ils jugent en fin de compte insuffisantes, en mettant leurs billes dans le nouvel holding, ce qui leur évite sans doute des poursuites outre atlantique qui les empêcheraient justement de vendre, alors qu’angelini, le nouveau patron, pourra le faire au nom du holding j’imagine. Ce n’est donc en réalité qu’une vente postposee de leurs parts du Standard, et surtout fractionnée, faisant d’eux actuellement le seul véritable invesisseur dans le nouvel holding. Mais qu’en sera t’il si aucun investisseur ne se montre intéressé dans les mois qui suivent, ne fusse que partiellement, laissant toujours A-CAP majoritaire ?
@ Gerouche : Je n’ai pas de compétences dans ces matières mais les informations lues dans les articles de la RTBF que j’ai partagé dans le chat ne me laissent pas penser que ce que tu dis est si évident concernant les poursuive. Le message que j’ai retenu est que nous sommes dépendant de la décision de la justice américaine quelque soit la forme de vente, ne fusse que par l’opacité qui règne du point de vue de la propriété du club, des créances, …